Bilan du quinquennat partie 1 : Nicolas Sarkozy le non hyper-président

L’hyper président, celui qui concentre tous les pouvoirs, celui qui augmente son salaire, celui qui fait trop de réformes pour le pauvre petit peuple de France qui ne pourrait supporter pas plus d’une réforme par quinquennat… L’hyperprésidentialisation est l’un des principaux reproches faits au Président Nicolas Sarkozy par ses adversaires. Ces reproches sont t’ils justifiés ? Nicolas Sarkozy a t’il concentré tous les pouvoirs, ou bien est-ce une tentative de déstabilisation de ses adversaires visant à amoindrir sa popularité ? Voici quelques réponses qui permettront d’y voir plus clair.

Nous allons commencer par remettre à plat la question du salaire présidentiel. La légende urbaine veut que Nicolas Sarkozy à son arrivée, ait pris l’initiative de l’augmenter considérablement, mais qu’en est t’il vraiment ?

La réalité est bien plus complexe : Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé à l‘Elysée, on lui a demandé combien il voulait gagner. Nicolas Sarkozy trouvant cette question et cette façon de faire plutôt étrange se voit alors expliqué que cela fonctionne « comme cela » depuis des années. De plus, les comptes de l’Elysée sont totalement occultes et tout est permis : aucun organisme ne peut en effet contrôler son fonctionnement et les dépenses du président sont confondues avec celles de l’Elysée.

Nicolas Sarkozy prend alors la décision de faire décider le salaire du président par le parlement. Le salaire du Président de la République est alors indexé sur celui du Premier Ministre, qui a lui même été fixé par… Lionel Jospin (PS). Il modernise alors également tout le fonctionnement financier de la présidence afin d’y installer la transparence : première en France, il fait ainsi soumettre les comptes de l’Elysée au contrôle de la Cour des Comptes.

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy ne s’arrête pas là et va mettre en place plusieurs mesures visant à limiter les pouvoirs du Président, mesures qui seront mises en application dès le début de l’exercice de son mandat. Il nomme ainsi Didier Migaud, socialiste et ancien parlementaire à la Présidence de La Cour des Comptes qui contrôle désormais les comptes de l’Elysée.

Il modifie la constitution et réduit les pouvoirs du Président de la République au profit du Parlement et des citoyens. Il instaure également une limitation à deux mandats présidentiels de cinq ans, afin de s’assurer que le Président de la République se concentre sur son devoirs et les réformes à effectuer plutôt que sur la continuité de ses mandats.

Il donne un nouveau droit aux députés qui leur permet de fixer un tiers de l’ordre du jour de l’Assemblée, leur permettant de mieux contrôler le gouvernement et donne des pouvoirs à l’opposition alors qu’elle n’en avait aucun jusqu’à l’élection de Nicolas Sarkozy et finalement limite le pouvoir de nomination du Président de la République en le subordonnant à l’aval du Parlement.

La révision constitutionnelle qu’il met en place, revalorise non seulement le rôle du Parlement mais renforce également les droits des citoyens, en créant le référendum d’initiative populaire, la question prioritaire de constitutionnalité (QPC), le défenseur des droits, et en ouvrant aux justiciables la saisine du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM).

Afin de renforcer encore les pouvoirs de l’opposition, il fait en sorte que cette dernière préside désormais la puissante Commission des Finances de l’Assemblée nationale.

Contrairement à ce que l’on peut parfois lire dans la presse, et sous le contrôle de la Cour des Comptes, les dépenses de fonctionnement de l’Elysée ont baissé de plus de 20% entre 2008 et 2010, ses effectifs baissés de plus de 12% et le nombre de conseillers du Président de la République a été réduit de 82 à 46.

Enfin, de manière générale, en 2012, c’est la première fois depuis 1945 que le budget de l’État aura diminué d’une année sur l’autre. L’ensemble du train de vie de l’Etat a été réduit via un encadrement des effectifs des cabinets ministériels ainsi que la soumission des déplacements des ministres à des règles strictes. D’ici 2013, c’est plus de 10 000 véhicules et 7 000 logements de fonction auront été supprimés sous sa présidence.

En conclusion, Nicolas Sarkozy aura peut être été un « Hyper président », mais vraisemblablement le seul à s’être servi de ce « pouvoir » pour limiter ceux du président en exercice, renforcer celui du parlement… et de l’opposition ! Nicolas Sarkozy n’a donc pas concentré les pouvoirs, il les a au contraire, redistribués, et rééquilibrés


Christophe Casalegno
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