Christophe Casalegno : malgré sa dette la France n’est pas en déficit
Après mon édito controversé d'il y a quelques jours, où j'expliquais que la crise, n'était qu'une étape de l'évolution, était nécessaire et pouvait même devenir une chance, j'ai décidé de revenir rapidement sur le bilan financier de la France. En effet, on entend souvent raconter, notamment dans les médias plus ou moins n'importe quoi sur le déficit Français, alors que notre Pays est encore loin d'être déficitaire.
Avant d'approfondir un peu plus ma pensée, je vais faire une analogie toute simple : Imaginons une personne, qui aurait un compte bancaire avec un solde de 1.000.000 d'euros et 3 biens immobiliers pour une valeur totale de 1.500.000 euros : Cette personne souscrit un prêt pour un montant de 1.000.000 d'euros sur 20 ans pour une mensualité de remboursement de l'ordre de 6000 euros /mois (soit un coût réel de 1.444.000 euros). Cette même personne perçoit des revenus de 4000 euros/mois : Elle "perd" donc 2000 euros /mois : on va donc dire qu'elle est endettée à hauteur de 1.000.000 d'euros et qu'elle est en "déficit" de 2000 euros /mois : c'est exactement la situation de la France.
Peut on vraiment dire que cette personne est pour autant en difficulté ? La réponse est non : car elle possède sous forme d'actifs financiers et immobiliers un montant bien plus important que sa dette : Elle pourrait donc si elle le jugeait nécessaire débloquer ses actifs financiers et/ou vendre ses biens (immobiliers, art...) et régler sa dette : sa situation après dette resterait positive, elle ne se transformerait pas pour autant en SDF.
Dans le cas de la France, nous sommes exactement dans cette même situation. Lorsque l'on écoute les médias, ces derniers nous donnent l'impression que nous serions au bord du gouffre, "informations" relayées principalement par les partis d'opposition pour donner du grain à moudre à leur campagne. Pourtant qu'en est-t-il vraiment ?
Il faut déjà savoir que la France est la deuxième puissance économique d'Europe, pas la 17ème, ni la 15ème ni même la 10ème : peut on parler de mauvais classement lorsque l'on obtient la médaille d'Argent ? Je ne le pense pas. Ensuite il faut savoir que les chiffres annoncés par les médias et ceux qui se complaisent dans l'exploitation de cette situation pourtant purement fictive utilisent des chiffres qui tiennent uniquement compte de la dette "brute", plutôt que de la dette "nette".
En effet, pour savoir si un état est réellement en déficit, il faudrait en toute logique tenir également compte, non seulement de ses engagements financiers et de sa "dette" mais également de ses actifs, que ces derniers soient financiers (actions et autres prises de participation), mobiliers ou immobiliers (terrains, bâtiments, etc...). Si on soustrait ces actifs à la dette brute, on obtient alors une image financière bien plus réaliste de l'économie d'un pays et de ses finances, tout du moins pour ce qui est de la France.
Si l'on soustrait donc à la dette les actifs financiers ainsi que la valeur du patrimoine public, on arrive à un solde de notre pays très largement positif (de l'ordre de plus de 30% à 40% du PIB en fonction des estimations). D'ailleurs lorsque l'on compare les chiffres de la dette nette, l'OCDE (sans tenir compte cette fois du patrimoine de l'état !) indique moins de 40% du PIB pour la France, contre plus de 48% pour l'Allemagne, plus de 84% pour le Japon et plus de 92% pour l'Italie. La France est donc particulièrement bien placée, que ce soit non seulement au niveau européen mais également au niveau Mondial : elle reste aujourd'hui l'une des économie les plus puissante du monde.
Enfin, on entend également souvent parler d'une "explosion de la dette" ces dernières années avec une progression de 700 milliards d'euros : Ce chiffre sorti dont ne sait où ne reflète pas du tout la réalité pas plus que lorsque l'on parle de "10 ans de Sarkozysme" (Ce dernier n'a pourtant été élu qu'en 2007, malgré ce chiffre de 10 ans donné plusieurs fois y compris à la TV durant les primaires socialistes). Tout d'abord elle n'est pas de 700 milliards, mais de 400 milliards (plan de reprise compris). Lorsque la cour des comptes estime quelle partie de la dette est imputable à la crise, elle ne prend pas en compte les conséquences financières indirectes de la crise tel que le chômage, l'impôt sur les sociétés qui devient 2 fois moins rentable, etc.
L'évolution de la dette de ces dernières années n'a rien d'exceptionnel : A la fin du mandat de VGE, cette dernière était déjà de 400 milliards, elle a augmentée de 650 milliards sous François Mitterrand, de plus de 300 milliards pour la seule année 1993 à cause de la récession. Sous Jacques Chirac lors d'un contexte économique plus favorable, c'était 250 milliards d'euros.
Il convient donc de remettre les choses à leur place : s'il existe une vraie crise financière mondiale, la situation de la France est, aujourd'hui, l'une des meilleure non seulement en Europe mais également au Monde. Notre pays n'est pas en banqueroute ; Suite aux profondes réformes nécessaires que nos politiques se sont enfin décidé à mener : la progression de la dette ralentit désormais, et il y a fort à parier qu'une fois cette crise passée, la France ne s'en sortira que grandie, et les premiers bénéficiaires en seront les Français : tous les Français. Tâchons de ne pas l'oublier
Christophe Casalegno
Rédacteur en Chef
Intelink News

Bonjour,
Je trouve un peu anarchique ta vision hors contexte. La définition de richesse est une base définie pour tous les pays. Quand aux richesses immobilières, il s’agit de notions on transitoires.
En effet, la France va t elle hypothéquer ses « terrains » à un autre pays?
Une mesure est valable quelque sois sa base si cette même mesure est appliquée à tout le monde.
Suivant ton raisonnement, l’Alsace Lorraine va bientôt retourner dans le giron Allemand suite à une passation d’actif…