Christophe Casalegno : la crise n’est qu’une étape de l’évolution

Le Monde

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Cela fait maintenant plusieurs années qu’elle occupe une bonne partie du journal télévisé et des journaux papiers. Pas un jour ne passe sans que la presse écrite ne  lui consacre quelques lignes, la radio ou la tv quelques minutes... Cette sexy star inattendue qui crève littéralement l'écran, vous l'aurez compris, c'est "La Crise". Au début cantonnée uniquement aux milieux de la haute finance, sa notoriété, aidée par le renfort des médias et des "experts" n'a fait que grandir, jusqu'à ce qu'elle contamine la rue et les foyers.

Le résultat prévisible qui s'en suivi ne s’est pas fait attendre : alors que cette dernière n'est pas directement affectée par les effets de la crise financière, la population, aidée des médias va considérablement amplifier la gravité de la situation en se mettant elle même en mode "crise". C'est exactement le même type de problème que l'on voit apparaître lors de grèves, ou de guerres, où la population va également, entraînée par les médias, se mettre à faire des actes totalement stupides aggravant considérablement la situation, petit exemple :

1) On annonce une grève qui implique que les stations services ne seront plus approvisionnées
2) Les syndicats font du lobbying afin d'annoncer partout qu'il n'y a déjà plus d'essence
3) L’information est médiatisée à outrance : radio, tv, journaux
4) Tout le monde se rue sur la station service la plus proche faire “le plein”, voir des “réserves”
5) L’afflux massif de demandes vide les pompes
6) Il n’y a plus de carburant disponible sur le marché.

Le résultat souhaité par les grévistes est obtenu, mais de manière totalement artificielle : dans ces cas là il suffit d'attendre patiemment et de ne pas modifier ses habitudes : la grève s’essoufflera alors bien avant les réserves disponibles.

Christophe Casalegno

Christophe Casalegno

On a également pu assister au même genre de phénomène lors de la guerre en Irak : les citoyens Français n'ont pas trouvé mieux à l'annonce de cette dernière, d’aller dévaliser les grands magasins de matières premières comme la farine, le lait ou encore le sucre… Le résultat de cette action d’une "grande intelligence"... c’est la rupture de stock sur ces matières. L'Irak n'a pourtant jamais été exportateur exportateur de sucre, de farine ou de lait… De même, annoncez massivement qu'une banque va faire faillite : la population va se ruer vider ses comptes... résultats à la fin de la journée : la banque a fait faillite !

Cette crise existe t'elle vraiment ? Oui elle existe, mais il s'agit d'une crise essentiellement financière. C'est notre comportement, celui des citoyens qui amplifie les conséquences de cette crise. Or ce comportement n'a rien d'objectif. "On va attendre l'année prochaine, c'est la crise", "on stoppe la consommation, c'est la crise", mais qu'est ce qui a vraiment changé pour le Français moyen ? En réalité pas grand chose ! Les prix n'ont pas plus augmenté que lors de précédentes périodes, le pays tourne, et nous avons tous notre responsabilité dans le fonctionnement du moteur économique de la France. Si on perdait moins de temps à s'indigner et plus à continuer d'avancer dans le bon sens, la crise peut même devenir une chance.

nasdaq

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Je ne reviendrais pas sur les causes de cette crise, puisque de toute manière, ça y est, “elle” est là, parmi nous, et le manque de confiance de la population a commencé son amplification de manière exponentielle, ainsi que son extension à l’ensemble des marchés. Mais cette crise qui affecte actuellement le monde, n’est t’elle pas un mal nécessaire ? J’en vois déjà crier au scandale et demandant mon exécution sur la place publique à coté des banquiers et des patrons du CAC40. Cependant, rappelons nous que toutes les étapes des grandes évolutions, qu’elles soient politique, économique ou culturelle ont toujours eu lieu après une crise d’ampleur importante.

Rappelons nous également les années “Start-Up”, qui eurent pour conséquence la surévaluation à outrance de sociétés “coquilles vides”, qui ne reposaient que sur un projet de site internet communautaire qui ne verrait jamais le jour… Certains ont pu en profiter, tant mieux pour eux, mais cet engouement a vite débouché quelques années plus tard sur une “crise” sans précédent dans le domaine, qui a fait des milliers de victimes…. nécessaires ? Oui, certaines victimes sont nécessaires : quelques années après ce raz-de-marée, seul ont survécu les projets et entreprises qui reposaient sur autre chose que du vent, et aujourd’hui, le domaine des nouvelles technologies est en pleine (r)évolution.

finance

finance

Alors cette “crise”, est elle la future source de tous les malheurs, ou bien un mal nécessaire à l’évolution de notre société ? En ce qui me concerne, cela ne fait aucun doute : la crise est autre chose que la source des pires maux à venir, c’est avant tout une chance ! La chance d'enfin pouvoir s’adapter à un nouveau monde qui s’ouvre à nous, de changer notre manière de concevoir les choses, de vivre et de travailler. La crise n’est que la préparation à l’entrée dans une nouvelle ère, et, comme toujours dans le cycle normal de l’évolution, ceux qui ne pourront pas s’adapter seront amenés à disparaître : c’est ainsi que fonctionne le monde depuis des millions d’années, avant même que l’homme n’existe… et continuera probablement de fonctionner, bien après nous si nous échouons.

Notre manière de travailler et de vivre va changer, a déjà commencé à changer : l’arrivée du web 2.0 a changé la manière de concevoir la communication sur internet, à travers les réseaux sociaux, les blogs, les forums. La refonte des systèmes d’information, l’usage intensif des nouvelles technologies, les réseaux sociaux appliqués au monde réel, sont autant d’éléments qui vont changer notre manière de travailler et de concevoir les rapports sociaux dans le monde des affaires et des relations.

Une meilleure connexion des hommes, la diffusion et le partage de l’information, du savoir, de la connaissance, des méthodes et des process va apporter la fluidité et la matière nécessaire à l’évolution de l’entreprise, et de l’entreprenatiat en général. L’utilisation massive des nouvelles technologies va abolir des frontières économiques, étendant le marché de chaque activité à l’ensemble de la planète. Car la mondialisation n'est pas un mal, ni la conséquence de la crise : c'est une chance ;  il faut simplement avoir le courage, la volonté de changer, de s'adapter. De manière générale, la transformation nécessaire pour s’adapter à “la crise”, va privilégier la technique du roseau qui plie sous le vent mais ne rompt jamais, à celle du chène, grand et robuste, mais qui lorsqu’il casse, meurt.

Cette évolution doit se faire à plusieurs niveau, nous en sommes tous acteurs. Le comportement de chaque citoyen doit changer, mais le management doit également doit être revu, en encourageant à l’expérimentation et à l’innovation. Les managers de demain doivent revoir leur copie, mais il faut les y aider, nous sommes tous acteur de ces changements. Nous devons arrêter de nous focaliser sur nos petites personnes et réfléchir sur le moyen et long terme. Nous devons arrêter d'avoir peur des réformes. Bien sur les réformes ne nous font pas plaisir, mais elles sont *nécessaires*.

Wall Street

Wall Street

La réforme des retraites par exemple : bien sur que tout le monde voudrait la retraite à 60 ans, et même à 50, mais ce n'est *plus* possible. Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre de plus en plus longtemps, et le système doit être profondément modifié : les gouvernement n'osent pas, ne peuvent pas aller plus loin que ce qui a été fait ces dernières années uniquement par notre faute, or les réformes doivent continuer : ce n'est qu'à ce prix que nous pourrons avoir un avenir meilleur, et que nous pouvons garantir que ce ne sont pas nos enfant ou petits enfants qui devront payer les pots cassés comme cela se passe depuis des dizaines d'années.

Nous évoluons actuellement dans un monde binaire : le 1 ou le 0, mais tout le monde veut être le 1, mais ce n'est pas possible. Il faut commencer à ne plus raisonner en bits mais en octets : 11001010 -> chaque groupe d’individu peut, grâce au partage des connaissances et la synergie, réussir ce pari… et se préparer à la prochaine étape, celle d'un monde quantique... Les familiers de l'informatique me comprendront, pour les autres, cela veut simplement dire qu'il faut évoluer, changer, s'adapter : il s'agit de l'unique moyen non seulement d'avoir un monde meilleur, mais c'est également l'unique chance de survie de l'espèce humaine.

Je fais le pari que nous réussirons : la migration du binaire vers l’hexadécimal est déjà en cours, dépêchez vous pour ne pas rater votre protocole de transport pour la migration quantique…

Christophe Casalegno - http://twitter.com/Brain_0verride
Rédacteur en Chef Intelink News
http://www.intelink.info

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5 Comments

  1. [...] mon édito controversé d’il y a quelques jours, où j’expliquais que la crise, n’était qu’une [...]

  2. [...] mon édito controversé d'il y a quelques jours, où j'expliquais que la crise, n'était qu'une étape de l'évolution, [...]

  3. ALEXANDRA_LOGIQUE dit :

    « Je ne reviendrais pas sur les causes de cette crise, puisque de toute manière, ça y est, “elle” est là, parmi nous, et le manque de confiance de la population a commencé son amplification de manière exponentielle, ainsi que son extension à l’ensemble des marchés. »

    Erreur : le manque de confiance des marchés a commencé son amplification de manière exponentielle, ainsi que son extension à l’ensemble de la population (CQFD !)

    « L’utilisation massive des nouvelles technologies va abolir des frontières économiques, étendant le marché de chaque activité à l’ensemble de la planète. »

    Erreur : l’utilisation des nouvelles technologies est déjà massive. Il ne faut donc pas parler au futur, c’est déjà en cours. Abolir les frontières économiques ? Que faites vous du dumping fiscal, social, qui est le propre de nos problèmes de « mondialisation » ?

    Le marché de chaque activité est déjà étendu à la planète. C’est pour cela que je mange du bœuf brésilien alors que mon boucher exporte sa viande locale en chine !

    Retraite à 60 ans : valable si on commence à travailler jeune et pour vouloir travailler jeune, il faut être bien payé : combien de jeune se perdent de diplôme en diplômes pour arriver à BAC = 7 sans trouver de travail ? Nombreux d’entre eux pensent que les diplômes leur assureront un meilleur salaire : faux. Donc, fatalement, avec ce raisonnement et ce constat, il faudra reculer l’âge de la retraite car nous commençons à travailler très tard…

    « Les familiers de l’informatique me comprendront, pour les autres, cela veut simplement dire qu’il faut ———-évoluer, changer, s’adapter———– »
    Vous n’avez que ces trois mots à la bouche, comme nos politiques.

    Votre message, pour moi, est vide : c’est-à-dire qu’il est plein de bonnes intentions, plein de vœux pieux, mais quelles actions préconisez-vous ? Dans votre discours, qu’est-ce qui vous différencie de ce que nous vivons déjà ? Fillon a le même discours que vous dans le fond. Alors ? Vous êtes pour l’action de notre gouvernement actuel ? Vous êtes pour l’action des gouvernements puissants de ce monde ?

    J’attendais que vous parliez de « raisonnement » de « logique » de stopper la course folle au fric… NON. Vous traitez les gens qui font des réserves de farine d’abrutis (du moins, c’est ce que signifie vos propos, même si vous ne le dites pas ainsi)… Pourquoi ?
    Pourquoi ne pas vous en être pris d’abord à Wall Street qui joue 1 million de dollars sur le blé ou le maïs quand bon lui chante, juste pour se faire une belle plus value, ou juste pour être sur de ne pas perdre plus que demain ?
    Facile de juger le particulier avant de juger les grands de ce monde.

    Au fait ! si je viens ici, c’est parce que vous m’avez envoyé un pub sur ma messagerie : c’est vous qui êtes venu me chercher… Vous m’avez trouvée.

    Moi, j’en ai juste marre de ce genre de discours ou tout le monde va être beau et gentil, un jour, que personne ne connaît, et surtout pas vous à priori. Quelle évolution attendez-vous de cette « crise » dans laquelle vous pensez que nous autres couillons de « particuliers » avons un rôle majeur (plus d’essence, faillite des banques…) ???

    • Chère Alexandra, tout d’abord merci pour votre commentaire. Il est évident que nous n’avons pas la même opinion sur le sujet, mais c’est justement toute l’utilité d’un débat.

      Concernant la mondialisation, en effet, cette abolition a déjà commencée, mais elle n’est pas encore pleinement effective. Concernant le dumping fiscal et social dont vous parlez, c’est un faux problème : si les paradis fiscaux existent, c’est uniquement parce que les enfers fiscaux existent également. Il faut abolir les mesures qui font de nos pays des enfer fiscaux mais surtout et avant tout des enfer sociaux où les entreprises croulent sous les cotisations sociales qui ralentissent voire arrêtent complètement leur croissance. Il faut arrêter de rajouter les lois, ces dernières doivent au contraire être simplifiées. Le bouclier fiscal était une bonne idée, mais il aurait encore été meilleur avec un maximum à 30%.

      Concernant la retraite à 60 ans, c’est une ineptie, l’age de la retraite devrait être porté à 67 ans pour que le système soit réellement équilibré. Quand à ceux qui vont de diplômes en diplômes sans trouver de travail, on peut dire qu’il y a dans ce cas : soit un sérieux problème d’orientation (combien de jeunes s’engouffrent dans des filières complètement bouchées, avec moins de 1 pour 1000 de chances de réussir à trouver du travail dans la branche correspondante.) Ensuite il faut arrêter de croire parce que l’on a fait 10 ans d’études qu’on peut prétendre à tout. C’est un bon début, mais l’expérience et la compétence sont également des points important, et tout le monde doit d’abord faire ses preuves : commencer en bas de l’échelle, et en gravir les « marches » le plus rapidement possible.

      Concernant les actions précises que je préconise, en voici quelques unes en vrac : tout d’abord la simplification du Code du travail afin de permettre la libre négociation des termes d’un contrat (exemple contrat de travail entre l’employeur et l’employé.), la suppression des subventions publiques aux syndicats ainsi que l’obligation de la publication de leurs comptes. La liberté aux salariés de choisir le syndicat qui les représentera pour négocier la convention collective qui s’appliquera à leur contrat de travail. L’autonomie des établissements scolaires (déjà en cours concernant les université) afin d’améliorer le système éducatif. Concernant le régime de retraite, il faudrait supprimer totalement les cotisations retraite obligatoires au profit d’une épargne libre. Concernant les cotisations sociales, il faut commencer par supprimer complètement les cotisations maladie obligatoires au profit d’un système d’assurance libre et concurrentiel. Concernant le logement, il faut également privatiser les HLM… Il y a comme vous le voyez beaucoup de réformes à faire. J’y reviendrais dans un prochain édito.

      Vous me demandez si je suis pour l’action de notre gouvernement actuel ? Je vous répondrai : oui, bien que je regrette la suppression du bouclier fiscal qu’il aurait au contraire fallu renforcer. Je suis pour un rythme de réformes encore plus important. Concernant ceux qui ont fait des réserves de farine, de sucre ou de pâtes durant la guerre en Irak, oui en effet, je considère que ce sont des « abrutis », appelons un chat un chat, je ne suis pas pour la langue de bois : vous avez parfaitement décodé ce que je voulais dire dans cet exemple.

      >Pourquoi ne pas vous en être pris d’abord à Wall Street qui joue 1 million de dollars sur le blé ou le maïs quand bon lui chante, juste pour se faire une belle plus value, ou juste pour être sur de ne pas perdre plus que demain ?

      Parce que c’est ce qu’il y avait de mieux à faire ?

      L’évolution que j’attends de cette crise, c’est que tous les citoyens comprennent la situation, et avancent tous vers les réformes et le changement. Ce n’est plus un problème politique, c’est non seulement un problème économique, mais également une question de survie.

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